En cette année 2009, l’Allemagne célèbre le bimillénaire de la bataille de Varus… Vous allez me dire « La belle affaire ! c’est quoi, Varus? on s’en fout un peu… » Et bien tant pis pour vous, je vous en parle tout de même, na!
Varus était un général romain sous le règne d’Auguste. Il fut chargé, comme le faisaient les Romains à l’époque, de « pacifier » les peuples barbares de Germanie (mes ancêtres, quoi!!). D’habitude, ça se passait plutôt pas mal, il y avait certes de la résistance, quelques batailles, mais finalement, l’empire romain arrivait à peu près à s’imposer. En Gaule, par exemple, il y a eu de nombreux cas de cohabitation très pacifique entre Gaulois et Romains, y compris pour des lieux de culte, où dieux Romains et gaulois se partageaient l’espace… mais en Germanie du nord-est, Varus est tombé sur un os… Un os nommé Arminius, fils d’un chef chérusque. Arminius avait été pris en otage par l’armée romaine étant enfant (un vieux truc pour éviter que papa ne se rebiffe face aux Romains… ils étaient futés, ces Romains!) Arminius fut envoyé à Rome et devint officier dans l’armée. De retour chez lui, en Germanie, à la tête de troupes, il se rendit compte que les Romains opprimaient son peuple (les Romains levaient des impôts sur les récoltes par exemple, une chose inconcevable dans la culture tribale des germains, qui étaient auto-suffisants et donc aux ressources extrêmement limitées). On ne peut que supposer ce qui se passa dans la tête d’Arminius, lui qui connaissait bien les Romains: fut-ce un désir de régner sur les tribus de la région ou un sursaut désintéressé pour libérer son peuple, on ne le saura jamais, mais Arminius réussit à fédérer les chefs germains de la région pour attaquer les légions de Varus, en route, vers le sud-ouest.
C’est ainsi qu’en l’an 9 après Jésus-Christ, 3 légions de Publius Quintilius Varus furent massacrées dans la région de ce qui est aujourd’hui le Teutoburger Wald, la forêt de Teutoburg. Varus se suicida sur le champs de bataille et les Romains ne remirent le pieds dans cette région de Germanie que plusieurs mois plus tard, pour enterrer les squelettes de leurs concitoyens. Au final, La Germanie à l’est du Rhin ne devint jamais romaine… Les Romains se disaient sans doute qu’envahir cette région peuplée de barbares sanguinaires et primitifs, au climat relativement terrifiant pour un méditerranéen, ne valait pas le coup!
Cette histoire a donné lieu à une grande fierté nationale au XIXe siècle en Allemagne, à l’époque du pangermanisme, le rêve d’une Grande Allemagne, comme elle l’était au temps des Germains… On érigea une statue monumentale en mémoire d’Arminius, le Hermannsdenkmal, près de Detmold (et près de chez mes parents, mais ça vous vous en fichez un peu, n’est-ce pas?). Ouh lala… « nationalisme allemand »ça vous évoque forcément quoi? ben oui, ce “cher” Adolf… C’est bien là le drame de l’Allemagne… depuis Hitler, les Allemands n’ont plus jamais été fiers d’être allemands… c’était quelque chose d’impensable après l’horreur de national-socialisme! Après la guerre, en Allemagne, on n’étudiait en histoire à l’école que la mythologie grecque… Rien sur l’histoire récente et rien sur les racines, sur les Germains… Il faut dire qu’Hitler avait réutilisé pas mal de grands symboles directement issus de l’histoire germanique. De nos jours encore en Allemagne, deux runes de l’ancien alphabet runique germanique, le futhark, sont interdites! Des runes utilisées comme logos par les S.S. On hésite même parfois à s’intéresser aux grandes sagas germaniques, dont les idées et les symboles ont été magnifiés par ce dingue avide de pouvoir qui voulait retrouver l’idée de la Grande Allemagne… je connais certaines personnes désireuses de retrouver leurs racines germaniques et paganistes et qui se heurtent à des regards de travers, à de la méfiance… Il existe un très ancien site sacré près de chez mes parents, les Externsteine, où des rassemblements de néo-paganistes et autres se heurtent régulièrement à des groupes néo nazis venus sur l’ancien lieu de culte, avec marteaux de Thor comme pendentif… cela m’attriste de voir cela, l’histoire des Germains, l’histoire de mes ancêtres, leurs valeurs spirituelles récupérées par un courant politique abject à mille lieu de la culture germanique, qui était certes violente avec de nombreuses guerres entre clans, mais qui avait une justice que beaucoup de pays modernes lui envieraient.
La première fois que j’ai vu les Allemands fiers de l’être, c’était lors de la dernière coupe du monde de football. C’était la première fois que je voyais autant de drapeaux allemands dans les rues, sur les voitures… Plus de cinquante ans après la catastrophe de la Seconde Guerre Mondiale, il était temps… Aujourd’hui, en Allemagne, on recommence enfin à s’intéresser à l’héritage germain, qui dépasse largement les frontières de l’actuelle Allemagne. C’est une très bonne chose! Car on ne peux construire sans fondations et il faudra à l’Allemagne enfin dépasser cette usurpation historique perpétrée par Hitler, cesser de verser le sel de la culpabilité sur les plaies encore ouvertes laissées par le national-socialisme…
Plus je m’intéresse à la culture germaine, celte ou viking, plus une idée devient claire: c’est là, en ces temps reculés, que se trouvent les véritables racines de l’Europe. Ces cultures partageaient les mêmes valeurs, les mêmes mythes, les mêmes dieux, il y a plus de 2000 ans et ils entretenaient entre eux un commerce sans doute très actif. Certes, il y avait des guerres, mais à une échelle locale le plus souvent. Finalement, nous venons tous, en Europe, d’un même passé, et il faudrait plus souvent je pense faire appel à cet héritage, s’en rappeler, pour se rendre compte de ce qui nous unit, nous, les Européens, au lieu de rester sur nos différences…
Dans les contes de fées, les crapauds qu’on embrasse se transforment en princes…






Chaque réalisation en cire va être perdue pendant le processus, d’où le nom de “cire perdue” . Les réalisations en cire vont être recouvertes de couches successives d’argile, d’abord fines, puis plus épaisses.









En Afrique, où j’étais déjà allée adolescente et où je rêvais de retourner, je me suis a nouveau aperçu à quel point il fallait être ouvert et humble pour échanger vraiment avec les personnes rencontrés… Si on ne fait pas cet effort, qui remet en cause pas mal d’idées d’ailleurs, on n’est qu’un « toubabou » de plus qui se déplace sans voyager vraiment… Et si l’on décide d’aider, ce qui était aussi le but de ce voyage (j’en parlerais plus longuement dans un prochain article), il faut avoir à l’esprit que les choses ne fonctionnent pas exactement comme on le pense en Afrique. Là aussi, il faut une bonne dose de respect et d’humilité… Sinon, on n’est qu’un « toubabou » qui vient aider les pauvres Africains pour se donner inconsciemment bonne conscience et qui va laisser tomber quand les choses ne se passeront pas comme il l’attend…